A vélo sur l’Altiplano

Frontière - Bolivie/Chili

Frontière – Bolivie/Chili

Nous avons « bouffé » du sable, fait une indigestion de riz, voyagé dans une immense salière… et repris un petit sablé en dessert. Margaux et Jérôme, deux Bretons rencontrés à La Paz ont partagé notre table pour ce ces réjouissances Boliviennes que nous allons vous compter par le menu. Vous aurez également un petit aperçu de notre  incursion au Chili con carnet de voyage, mais sans riz cette fois (bein oui… rapport à l’indigestion citée plus haut, faut suivre).

Vélo de La Paz à Uyuni, entre Bolivie et Chili
Distance :  817 km 
Durée :  15 jours 
Altitude : Entre 3150 m à 4700 m
Départ - La Paz

Départ – La Paz

La Paz est une ville dont on sort à la manière d’un suppositoire à la glycérine. Aggloméré à un transit d’auto très dense, on se retrouve projeté vers les fondements de la ville, au milieu d’un nuage dense de gaz d’échappement odorants. La descente nous emmène (trop) rapidement vers la vallée de la Lune où la gravité nous rappelle rapidement qu’elle prête la descente à des taux usuraires qu’on rembourse comptant en dénivelé positif. Une longue remontée vers la banlieue haute de la Paz achève de réveiller les muscles qui s’étaient assoupis après trop de randonnée. Détail insignifiant au milieu des camions de cette banlieue fréquentée, nous décidons de prendre refuge dans un hôtel de charme. Pour 3 euros, il faut bien entendu préciser au tenancier qu’on souhaite dormir pour « toute la nuit », et ne pas trop se formaliser des voisins occasionnels qui pratiquent la percussion sur literie.

Enorme piste cyclable - Bolivie

Enorme piste cyclable – Bolivie

La route qui mène le lendemain vers le Sajama est un fantasme de cycliste dont on doit certainement remercier le Chili. La guerre du Pacifique dans les années 1880 fit perdre à la Bolivie sa façade maritime et c’est donc par la route que la Bolivie doit désormais réaliser ses importations de matière première. Le flux constant de camions vers l’océan appelait à des améliorations de l’infrastructure routière, et c’est sur un nouveau tronçon asphalté non ouvert à la circulation que nous cheminons à vive allure vers le plus haut sommet de Bolivie.

Chercher l'eau au puit - Bolivie

Puit – Bolivie

Le quatrième jour, avant de bifurquer sur la route qui mène au Sajama, nous décidons de chercher refuge car le vent puissant a décidé d’en découdre avec nos tentes. Une maison abandonnée et son mur périphérique en pierre nous offrent une protection rêvée. A sept heures du soir, alors que nous préparons à manger, nous réalisons que la maison n’est pas si abandonnée que ça lorsque que toute une famille revient des champs. Ils nous proposent courtoisement de rester, et nous les en remercions le lendemain en prêtant main forte pour remonter l’eau du puits qui se trouve à plus de 500 mètres en contrebas.

Sans doute lassés par la beauté trop lisse du bitume, nous décidons de lui préférer le charme plus rugueux des pistes qui mènent au village de Sajama. Nous regrettons bien vite cette infidélité alors que nous sommes rétrogradés du statut de cycliste à celui de marcheur. Les paysages sont splendides cependant, et nous atteignons au bout de 2 jours les eaux thermales de la ville où nous goûtons au plaisir sans cesse renouvelé de se ramollir les chairs dans un bouillon de culture à la composition inconnue.

Parque Nacional Sajama - Bolivie

Parque Nacional Sajama – Bolivie

Après une semaine de voyage, nous entamons la montée vers le Chili à Tambo Quemado. A plus de 4660 mètres d’altitude, la frontière doit se mériter par quelques efforts. Nous établissons notre premier camp chilien au bord du lac Chungará alors que le soleil ce fainéant est déjà couché depuis longtemps.

Frontière - Bolivie/Chili

Frontière – Bolivie/Chili

L’incursion chilienne nous plonge  aux cœur de territoires sauvages qui, sans être hostiles, n’en sans pas pour autant amicaux. Alors que nous traversons 3 parcs nationaux (le Parc National Lauca, la réserve nationale Las Vicuñas, et le parc national du Volcan Isluga), nous semblons troubler la quiétude des nombreuses vigognes qui peuplent le parc. Étrangement, ces mêmes vigognes  ne cillent pas au passage des 80 camions journaliers qui procèdent à l’extraction de borax sur le Salar de Surire. C’est dans un de ces camions que Pedro nous prend en stop pour nous avancer d’une quarantaine de kilomètres. La veille, j’ai passé la nuit à ruminer – sans succès – ma nourriture et les forces me manquent pour avancer. Nous atteignons tant bien que mal les eaux thermales de Polloquere, lieux magiques où Jérôme et Margaux nous initient à l’exercice compliqué de la belote sous un vent soutenu.

Chirigualla, Chili

Chirigualla, Chili

C’est au terme du 10ème jour d’effort que nous rejoignons finalement la civilisation à Enquelga. Les quelques mètres de route pavé dans le centre de la ville sont un bonheur après s’être enlisé sur des sentiers de sable, et s’être usé les cervicales sur des chemins en tôle ondulée. Le lendemain, nous filons euphoriques sur l’asphalte qui nous mène à la frontière Bolivienne, si bien que nous la passons clandestinement sans faire attention.

Après avoir dévalisé toutes les échoppes qui vendent quelque chose susceptible de s’ingérer sous forme liquide ou solide, nous partons finalement en direction des étendues désertiques du Salar de Coïpasa, qui doivent nous mener au mythique Salar de Uyuni.

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