L’écume des cimes – Sea to Summit (6893 m)

Ojos del Salado

Ojos del Salado

Récit de l’expédition en solitaire et sans moyen motorisé, qui m’a mené du niveau de la mer à Bahia Inglesa, jusqu’à la cime du volcan Ojos del Salado à 6893 mètres d’altitude, avant de redescendre par le même chemin jusqu’au niveau de la mer.

 

Sea to Summit - Parcours

Sea to Summit – Parcours

LA GENESE

Arrivée - Bahia Inglesa

Arrivée – Bahia Inglesa

Une main s’approche. Elle m’agrippe l’épaule et me secoue. J’ouvre les yeux : un homme en uniforme blanc et vert kaki me scrute dans la pénombre. Il me parle, je ne comprends rien.

Je regarde ma montre : elle affiche 5 heures du matin. Je réprime une violente envie d’agripper l’homme à l’uniforme par la gorge, et enfile mes chaussures. Je titube jusqu’à la sortie où on me jette avec mes bagages sur le bas côté de l’autoroute. Il fait nuit, je suis en short, j’ai envie de dormir. Il semblerait que l’autobus passe par Caldera mais ne s’y arrête pas.

Après avoir brièvement contemplé l’idée de dormir dans le fossé, j’entreprends de rassembler mes (trop nombreuses) affaires et m’attèle à l’assemblage de mon vélo. La faible lueur du lampadaire, ajoutée à mon état de veille relativement précaire compliquent le processus. Je cherche l’orifice, approche la vis, tâtonne jusqu’à trouver la clé Allen, … et merde ! La vis tombe dans le fossé. Me voici à quatre pattes dans le caniveau d’une bretelle d’autoroute.

Je ne suis pas le seul à pâtir du manque de visibilité : les routiers se mettent à ralentir à la vue de mollets nus et de fesses en l’air sur le bord d’une route à 5 heures du matin. Ils accélèrent à la vue des poils. Désolé les gars, il n’y a rien à voir… Ah si ! Ma vis est là.

Je termine le montage laborieux de ma bicyclette et me dirige vers le centre de Caldera. Il est 6h30 heures du matin (qu’ai-je bien pu faire pendant 1h30), tout est fermé. Je m’assieds sur un banc de la place centrale, où je regarde la ville s’éveiller. Les mineurs partant au travail sortent avec les premiers rayons du soleil, et mon estomac signale qu’il désire lui aussi commencer sa journée de labeur. Des burritos et une boîte de thon feront office de petit déjeuner.

Le thon, c’est violent au réveil mais ça met dans l’ambiance. Car si je suis à Caldera, ce n’est ni pour son monument hommage au commandant Cousteau, ni pour son cimetière laïc, mais pour La Mer.

Samedi 28 Décembre 2013

Je quitte Caldera à 10 heures du matin pour me rendre à Bahia Inglesa, station balnéaire « qui tient son nom des corsaires britanniques qui venaient s’y réfugier à l’époque coloniale » Je suis d’humeur contemplative : je contemple cette mer si basse, ces montagnes si hautes, ce désert si sec qui m’en sépare, et ce vélo si chargé qui dois m’y emmener.

Ojos del Salado

Ojos del Salado

L’idée qui me trotte dans la tête : réaliser l’ascension du volcan Ojos del Salado depuis le niveau de la mer, en solo, et à la seule force du mollet. L’Ojos del Salado c’est :

  • Un joli panorama à 6893 mètres d’altitude tout de même
  • Le volcan actif le plus élevé au monde
  • Un moyen compliqué de pénétrer clandestinement en Argentine
  • Le sommet le plus élevé du Chili, et le second en Amérique du Sud après l’Aconcagua
  • Une oasis de fraicheur au sein du désert le plus aride au monde : l’Atacama
Dunes - Caldera

Dunes – Caldera

La contemplation étant une activité relativement monotone, je décide de contempler mes cuisses pousser en cadence sur les pédales de mon vélo, le long des 80 kilomètres qui me séparent de Copiapó. J’emprunte la route du désert, fréquentée uniquement par quelques mineurs qui m’adressent de nombreux signes d’encouragement.  Le soleil se charge de faire rissoler ma peau comme un cochon sur sa broche, alors que j’épuise rapidement mes réserves d’eau. J’avance cependant à un rythme satisfaisant, et je me sens un cœur d’auto-transfusé du Tour de France après ce petit stage en montagne (voir ascensions du Licancabur et Sairecabur) et cette perte d’altitude de 6000 mètres en 2 jours. Arrivé à Copiapó, je fais le plein de civilisation: j’engloutis un litre de soda, 3 italianos (sorte de hot-dog avec de l’avocat) et me dégote une chambre dans une pension miteuse mais sympathique.

Lundi 30 Décembre 2013

Après avoir passé le jour du seigneur à communier sur internet, je me présente le lundi matin à Sernatur (l’office de tourisme) afin de récupérer mon permis d’ascension. Ils me fournissent la liste des expéditions prévues pour le mois de Janvier : il semblerait que je sois le seul à la tenter en solitaire. Un frisson me parcourt l’échine : je préfère y voir de l’appréhension plutôt que l’excitation malsaine du danger. Je suis conscient d’arpenter la crête accidentée de cette montagne appelée aventure, dont les deux versants sont  l’échec  et l’inconscience.  J’espère avoir la présence d’esprit de me jeter du bon côté si jamais je trébuche dans mon numéro d’équilibriste.

Ça m’encourage d’autant plus à fignoler la préparation. L’eau est un élément clé : elle est indispensable à l’hydratation, à l’acclimatation et à la cuisine (j’économise sur l’hygiène, je suis seul dans la tente). Trois litres me semblent un minimum dans ce désert, et multiplié par 14 jours ça commence à faire lourd. Un guide touristique se rendant dans le secteur de la Laguna Verde accepte de me transporter du matériel jusque là. Pour moins de 15 Euros, je lui confie 25 litres d’eau, mon sac à dos (chargé de la nourriture et du matériel pour l’ascension) et la réussite de ma tentative (il faut parfois croire en la bonté intrinsèque de l’être humain pour confier tant de matériel à un inconnu croisé dans la rue).

L’APPROCHE

Compagnon de voyage - Circuito seismiles

Compagnon de voyage – Circuito seismiles

Mardi 31 Décembre 2013

Je suis gonflé à bloc pour cette dernière journée de l’année. La logistique et les tracasseries administratives sont derrière moi : devant, il n’y a que la route. Vers midi, j’enfourche mon vélo chargé de 12 litres d’eau et de 4 jours de nourriture. Le cœur est léger mais que le chargement est lourd. Après 75 km de cuisson sous le soleil d’Atacama, j’arrive à point devant un minuscule panneau en bois sur lequel est écrit bebida (boisson en espagnol). Mon fantasme d’une boisson fraîche me fait voir le mirage d’une maison au loin. Sans y croire, je me dirige vers l’édifice qui semble habité. Deux chiens m’escortent vers la cuisine où une femme seule cuisine.

J’ose une question : « Auriez-vous un coca ? »

« Oui,  bien sûr » me réponds la femme, « assied-toi ».

C’est officiel, Noël est en retard cette année ! Le coca ingurgité, je contemple un temps l’idée de rouler pendant la nuit pour fêter la nouvelle année sur le vélo. La propriétaire me suggère cependant de poser la tente dans son jardin et les odeurs qui émanent de la cuisine achèvent de convaincre l’ours misanthrope qui sommeille en moi. Cette année, le réveillon sera social !

Un troisième convive se joint rapidement à la fête et nous entamons sans cérémonies un succulent plat de mouton, né, élevé et cuisiné maison. Au fil de la conversation, mes deux hôtes m’expliquent que dans leur communauté indigène, la nouvelle année correspond au solstice d’été, et qu’ils ne célèbrent le 31 décembre que par atavisme avec les gringos. Cette année est cependant différente : ils ont un authentique gringo pour faire la fête avec eux. Après avoir trinqué à la nouvelle année, je prends rapidement congé de mes hôtes pour laisser la fatigue s’exprimer librement dans mon duvet.

Mercredi 1er Janvier 2014

Le chien de la maison m’accompagne (ou plutôt me devance) pendant les premiers vingt-cinq kilomètres. Le score de la matinée est sans appel : Chien 1 – Mulet 0. Je lutte contre la gravité toute l’après-midi pour finalement poser la tente  au soleil couchant dans un coin de désert.

Jeudi 2 Janvier 2014

Après une côte exténuante, la pente s’inverse. Et quelle inversion ! J’atteins rapidement les 70km/h sur une route de terre défoncée. Le paysage défile trop vite pour mes yeux, je ne contrôle plus, je subis. Je sens l’accident, et pourtant, je me prends à sauter par-dessus les trous avec un vélo qui doit avoisiner les 40 à 50 kilos. Je pousse un cri : Hiiha !!! Arrivé à la douane chilienne, le sympathique douanier me conseille de rester pour la nuit : il m’ouvre un réduit dans lequel j’ai à disposition une table, un fauteuil et deux matelas. Je passe la soirée au milieu des tunnels à rayons X, en regardant Discovery Channel sur une télévision qu’ils ont laissé allumée pour moi.

Laguna Verde - Paso San Francisco

Laguna Verde – Paso San Francisco

Vendredi  3 Janvier 2014

Après avoir jubilé sur le bitume des 20 premiers kilomètres, et pesté sur le sable des 70 kilomètres suivants, j’arrive finalement au refuge de la Laguna Verde, à  4350 mètres d’altitude. Deux Canadiens à vélo m’y attendent. Nous passons une délicieuse soirée à échanger nos expériences et discuter de leurs voyages passés. Cerise sur le gâteau : il y a une piscine d’eau chaude à l’intérieur même du refuge. La première partie du défi s’achève. Demain j’irai chercher mon sac à dos rempli du matériel d’ascension. Pour le moment, je barbotte dans la pénombre jusqu’à une heure avancée de la nuit.

PREMIER CONTACT AVEC LA MONTAGNE

Refuge Universidad de Atacama - Ojos del Salado

Refuge Universidad de Atacama – Ojos del Salado

Le jour suivant met ma stupide motivation à l’épreuve. Deux allers retours et une soixantaine de kilomètres  à vélo sont nécessaires pour transporter près de 50 kg de matériel entre le refuge de la Laguna Verde et le refuge Murray à 4530 mètres d’altitude.

Au refuge, Rodney – un guide chilien – me fait le résumé d’ascension d’une cordée bolivienne qui est montée la veille. Ils ont apparemment mis 23 heures aller-retour à cause de la neige abondante. Je prends la mesure du défi : alors que je m’attendais à un sommet que tous les topos décrivaient quasiment comme une randonnée en haute altitude, la montagne orgueilleuse se charge de me faire rapidement déchanter. Un désagréable souvenir me revient en mémoire : alors que je progressais  en direction de la douane, une voiture s’était arrêtée pour s’enquérir de mon état physique.  Au volant, un guide de haute montagne, à l’arrière son client avec un masque à oxygène sur le visage. Il avait été victime d’un début œdème pulmonaire en tentant l’ascension.

Dimanche 5 Janvier 2014

Après avoir troqué mes pneus de cyclotourisme contre d’épais pneus de VTT j’entame la difficile montée vers le refuge Atacama, à 5300 mètres d’altitude. Le vélo progresse étonnamment bien et je retrouve d’agréables sensations de VTT avec mon vélo pourtant chargé. J’aperçois pour la première fois la montagne dans son entier, et je sens mon anxiété grandir : il y a beaucoup trop de neige pour une personne seule possédant une expérience limitée de la montagne. Je sais déjà que mon projet initial appartient au passé : je ne descendrais pas cette montagne en vélo. Arriver seulement au sommet sera déjà une gageure. J’abandonne donc mon destrier au refuge Atacama : la suite devra se faire exclusivement à pied.

Cerro el Muerto

Cerro el Muerto

Lundi 6 Janvier 2014

Rodney – le guide chilien – arrive dans l’après midi au refuge Atacama. Il me délivre le sac à dos qu’il avait gentiment accepté de monter pour moi dans son 4×4. Pour le remercier, je l’accompagne lui et son client brésilien jusqu’au refuge Tejos (5820m) en prenant dans mon sac à dos une partie de leur équipement. La montagne grandit à mesure que je l’approche, mais j’ai confiance. Dès demain j’aurai le feedback de Rodney sur son ascension et sur les conditions de la neige.

De retour au refuge Atacama, je retrouve le groupe de Russes que j’avais rencontré la veille. Malgré mon abstinence, je n’ai d’autre choix que trinquer avec eux pour célébrer le Noël  Russe.

Il est extrêmement difficile de trouver du matériel d’alpinisme dans le nord du Chili. Après avoir cherché en vain à louer une paire de chaussures adéquate, j’avais finalement loué à un prix exhorbitant, une paire de chaussures d’alpinisme trop légères dans un magasin de San Pedro de Atacama. Conscient de cet état de fait, je montre mes chaussures à Mikhail, l’un des trois russes pour lui demander son avis. Il me propose immédiatement de me prêter ses « Millet Everest » qui ont foulé le sommet du même nom. Gêné, j’accepte cependant avec joie pour la pérennité de mes orteils. Je m’endors comblé de ce cadeau de Noël, qui par les bizarreries du calendrier Julien arrive à point nommé.

Mardi  7 janvier 2014

Les espoirs de réussite s’effondrent le lendemain à 9 heures, alors que Rodney vient nous réveiller. Je sais qu’à cette heure ci il devrait être sur la montagne, et il me confirme qu’ils ont dû abandonner à cause du risque prononcé d’avalanche. Je n’irai pas au sommet !

L’ASCENSION

Ojos del Salado vu du refuge Tejos

Ojos del Salado vu du refuge Tejos

Mercredi 8 janvier 2014

Plus par politesse envers le geste généreux de Mikhail que par véritable envie, je pars à 13h00 pour le refuge Tejos, à 5820 mètres d’altitude. Son guide Victor a beau m’assurer que les conditions sont excellentes, je ne suis pas convaincu. A une heure du matin, je me réveille pour entamer l’ascension. La neige tombée pendant la nuit est descendue jusqu’au refuge : aucune trace n’est visible et je ne peux faire autrement que me diriger au GPS. Le vent glacial me glace les chairs et j’ai froid partout … sauf aux pieds ! Arrivé à 6500 mètres je me répète une dernière fois les arguments que je rumine depuis plus de 4 heures :

  • Un guide chilien a jugé les conditions trop dangereuses
  • Je n’ai pas les compétences nécessaires pour le contredire
  • Personne n’a grimpé la montagne depuis près d’une semaine
  •  Je suis seul sur la montagne, il n’y a personne au refuge Tejos, ni au refuge Atacama
  • Dans ces conditions aucun secours n’est possible et tout incident est potentiellement mortel
Aube à 6500m - Ojos del Salado

Aube à 6500m – Ojos del Salado

Je pose mon sac dans la neige et m’assieds, vide de toute émotion. Alors que le soleil éclaire paresseusement les cimes alentours, je sens l’écume de mes rêves perler lentement le long de mes joues. Le spectacle est magnifique, la déception est immense. Plus tard, il faudra songer à descendre, plus tard …

LA REDEMPTION

Camp - Ojos del Salado

Camp – Ojos del Salado

Jeudi 9 janvier 2014

Une voiture rouge s’arrête devant ma tente, alors que je me prépare à passer une dernière nuit au pied de la montagne. A son bord, Rafael et Johannes – deux Allemands que j’avais rencontré la semaine précédente – et David un troisième Allemand. David a fait l’ascension de l’Ojos del Salado début Janvier et il veut accompagner Rafael dans sa tentative car Johannes est blessé. Je le rêve si fort qu’ils me proposent de les accompagner ! J’envoie ma mauvaise conscience se faire voir, et j’accepte avec  empressement. I’m back on track !

Vendredi 10 Janvier 2014

Redescendu au matin jusqu’au refuge Murray, j’apprends avec ennui que David abandonne l’ascension et me laisse seul avec Rafael. L’enthousiasme stupide de la veille laisse place à l’angoisse. Les conditions n’ont pas changé depuis ma première tentative, et je me sens en plus la responsabilité d’un quasi  inconnu que je sens moins préparé et expérimenté que moi. Je lui fais part de mes doutes et lui signifie que je n’hésiterai pas à faire demi-tour. Nous retournons en  4×4 jusqu’au refuge Atacama (5300 m) et enchaînons dans la foulée la randonnée jusqu’au refuge Tejos (5820 m). Je regarde passer les minutes engoncé dans mon duvet jusqu’à ce que mon réveil daigne sonner à 1 heure du matin.

Nous prenons le départ à 2 heures du matin, et malgré mes réticences, l’absence de vent et la température plus douce me laissent de l’espoir.

Dès le début, je sens Rafael en difficulté. Malgré le rythme délibérément lent et régulier que je tente d’imposer, il fait de trop nombreuses pauses et respire bruyamment. Arrivé à 6200 mètres il me fait part de sa décision d’abandonner. Je décide sans remords de l’accompagner mais il insiste pour que je continue. Après m’être longuement assuré qu’il se sent bien et qu’il n’aura aucun problème à suivre le sentier jusqu’au refuge je me décide à continuer, juste pour voir…

Rafael et moi partageons la même angoisse puisque nous nous retournons tout deux régulièrement pour suivre la progression lointaine et mutuelle de nos frontales. Je le vois avec soulagement disparaitre en direction du refuge.

Je me sens en forme et confiant. Je sais pouvoir compter sur mon physique, ce qui me laisse toute latitude pour me préoccuper uniquement de la montagne. Ma première expérience malheureuse me permet de me diriger sans encombre dans le noir, et je vois sereinement le soleil se lever sur les lieux de mon abandon.

Aube sur l'Ojos del Salado

Aube sur l’Ojos del Salado

Je chausse mes crampons et empoigne mon piolet pour une traversée délicate dans une zone de neige durcie. La couverture neigeuse est suffisamment mince pour que je puisse apercevoir quelques cailloux par endroits, ce qui me conforte dans mon appréciation optimiste de la situation. La pente se durci, mais après 6 heures d’effort continu, j’arrive sur les coups de 8 heures dans le cratère du volcan actif le plus haut du monde. Je suis heureux, mais concentré. Après 1 heure passée à prendre des photos, manger, boire et profiter de l’instant, j’entreprends finalement la lente marche vers ce sommet qui parait tout proche.  Le couloir enneigé qui y mène s’avère plus difficile qu’il n’y parait. Un intervalle de cinq secondes sépare chaque pas et je paye généreusement mon tribu à l’altitude.

Couloir menant au sommet - Ojos del Salado

Couloir menant au sommet – Ojos del Salado

Les quelques pas d’escalade qui mènent jusqu’au sommet Chilien sont généralement décrits comme faciles, mais la neige, le vide et l’altitude compliquent l’entreprise. Etant à une vingtaine de mètres du sommet, je me dis qu’il n’y aurait pas de déshonneur à en rester là. Le plus dur est accompli, je me sais capable de le faire, si ce n’est pour le risque élevé que ça représente. Je me donne le temps de réfléchir  en admirant le paysage alentour.

Escalade finale - Ojos del Salado

Escalade finale – Ojos del Salado

Après avoir minutieusement analysée l’accès au sommet, je me sens suffisamment confiant pour m’y rendre en sécurité. A 10 heures, je foule enfin ce pic convoité depuis des mois. L’air est léger, la vue superbe : le tête à tête avec la montagne valait tous ces préliminaires.  Je hume lentement l’écume des cimes … et retourne bientôt vers les crêtes des vagues à Bahia Inglesa.

Sommet - Ojos del Salado

Sommet – Ojos del Salado

Sommet - Ojos del Salado

Sommet – Ojos del Salado

 

Remerciements :

Ce fut un voyage en solitaire et sans assistance … mais pas sans aide. Je tiens donc à remercier les nombreuses personnes qui ont fait de ce rêve une réussite.

  • Daniela qui a accepté de me vendre ses crampons après l’ascension du Sairecabur
  • Johannes et Rafael qui m’ont offert une seconde chance
  • David pour m’avoir prêté ses gants et son piolet lors de la seconde tentative
  • Le guide qui a monté mon sac à dos jusqu’à la Laguna Verde
  • Mikhail pour m’avoir prêté ses superbes chaussures lors de ma première tentative
  • Johannes pour m’avoir tenu au chaud avec sa veste lors de ma 2nde tentative
  • Rafael pour s’être fait un sang d’encre en attendant mon retour au refuge Tejos
  • Rodney pour avoir monté mon sac jusqu’au refuge Atatcama
  • La montagne pour m’avoir laissée passer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>