En vélo de Puno (Pérou) à La Paz (Bolivie)

Vélo de Puno à La Paz
Distance : 308 km
Durée : 6 jours/5 nuits
Altitude : De 3638 m à 4265 m

Départ en vélo - Puno

Sur les hauteurs de Puno, au bord du lac Titicaca, nous entreprîmes de monter nos vélos qui patientaient dans leur boîte en carton depuis bientôt 5 mois. Le vélo c’est comme … le vélo, ça ne s’oublie pas. Dès les premiers coups de pédale nous sentîmes les habitudes revenir. A midi une truite du lac Titicaca fit notre repas et c’est à un petit train que nous suivîmes la Panaméricaine en direction de Llave.

Après avoir écumé les cités touristiques lisses  du Pérou, cette ville marchande nous laissait le goût aigre doux de l’authentique. Alors que nous passions sous le portique métallique marquant l’entrée de la ville, le flot plus soutenue des camionnettes nous digérait progressivement à mesure que nous pénétrions plus avant dans cette ville étape de la Panaméricaine. Des échoppes de mécaniciens s’alignaient à travers les volutes de poussière du bas côté, mais nos poumons suçaient avidement cet air vicié qui à 3800 mètres était une denrée rare.

Arrivée à Llave - Pérou

Arrivée à Llave – Pérou

Un chantier en cours attira notre attention alors que nous passions en revue les quelques endroits propices à nous remplir l’estomac. Une chaine humaine de 4 ouvriers se lançait de lourdes briques rouges en cadence, pour les faire passer du sol au 2ème étage de leur bâtiment. Alors que je tentais d’immortaliser ce monument d’efficacité et de sécurité, un ouvrier s’arrêta pour me signifier que le spectacle n’était pas gratuit, et qu’il n’entendait pas jouer les acteurs bénévoles dans notre film de vacances. Nous passâmes donc notre chemin, en suivant des bruits de fanfares qui émanaient du centre ville.

Défilé de danse - Llave

De jeunes gens en costumes pailletés défilaient devant une foule bigarrée dont les tenues constituaient pour nous le réel spectacle. Ce genre de défilé étant semble t-il hebdomadaire, nous ne tardâmes pas à devenir le centre de l’attention d’un petit groupe de gamin, avec à leur tête un pépé au visage souriant qui menait l’interrogatoire. Je ne comprenais pas tout de ce mélange de Castillan et d’Aymara mais j’adoptais le langage international des voyageurs : sourire en hochant la tête à intervalles réguliers. Les gamins quant à eux s’extasiaient devant les changements de vitesse de nos vélos, ce qui nous poussa à nous éclipser pour ne pas voler la vedette aux danseurs.

Un policier nous indiqua un hôtel où nous pûmes déposer nos vélos pour la nuit avant d’aller nous imprégner de l’atmosphère festive des lieux.

On se fait assez vite aux coups de klaxons incessants qui annoncent l’arrivée de voitures dans votre dos. Contrairement à l’Europe, le klaxon reste un « avertisseur » et non un « punisseur ». Le taux peu élevé de voitures particulières rend le trafic beaucoup moins dense, et la route reste agréable malgré des dépassements parfois trop « affectueux ».

Lac Titicaca - Pomata

Lac Titicaca – Pomata

Le jour suivant, nous longeâmes le lac jusqu’à Pomata qui malgré de nombreux atouts, semblait ne pas avoir l’habitude des voyageurs. C’est en tout cas ce que nous comprîmes lorsque le gérant de l’hôtel municipal vint nous réveiller à 5h45 du matin pour nous signifier que son établissement fermait. Un jus de quinoa avalé sur la place du village, et nous prîmes la route en direction de la Bolivie.

Après avoir passé la frontière canadienne à pied (voir notre article sur le Chilkoot trail), et la frontière Américaine en canoë (voir notre article sur la descente du Yukon) nous franchissions enfin une frontière à vélo. Les photos prises et le passeport tamponné, nous firent route vers Copacabana, ville « balnéaire » et touristique qui se trouve comme chacun sait en Bolivie, et non au Brésil. Un couple de Français que nous avions croisé à la frontière nous offrit un verre en terrasse, et la journée s’acheva en arpentant les rues ensoleillées de la ville.

Sortie du Pérou - Frontière Pérou/Bolivie

Sortie du Pérou – Frontière Pérou/Bolivie

Certaines pièces mécaniques sont faites pour durer à vie … jusqu’à ce qu’on les mette dans les mains de Laetitia. Comment peut on foirer le pas de vis de son pédalier ? C’est ce que je tentais de comprendre alors que nous tentions une réparation de haute technicité … à base de colle. Alors que nous passions devant l’église où se déroulait un mariage, je lançai une petite prière pour que notre réparation tienne aussi longtemps que leur union.

Col à 4251 m - Entre Copacabana et San Pedro de Tiquina

La pédale passa en tout cas le col à 4250 mètres et la longue et jouissive descente qui nous mena à San Pablo de Tiquina. A mesure que nous approchions de « El Alto » – grande banlieue de la Paz – le trafic s’intensifiait, et le ciel s’assombrissait. Ayant essuyé une averse de grêle et l’attaque d’un chien de garde, nous nous précipitâmes, trempés, dans le premier « Alajomiento » que le soleil faiblissant nous laissa entrevoir.

« Bonjour, auriez-vous une chambre disponible ?» demandai-je.
« Vous voulez dire, une chambre pour la nuit ? » répondit-elle.
« Oui c’est-ça. » confirmai-je.
« Pour la nuit… vous voulez dire, jusqu’à demain matin ? » insista t-elle.
« Oui, c’est ça » répondîmes nous agacés, et ne comprenant pas les subtiles allusions de la tenancières.
« D’accord, vous pouvez laisser les vélos dans l’entrée » lâcha t-elle.

La chambre était propre et la nuit fut reposante malgré les occasionnels alcooliques, le crise de nerf d’une jeune fille manifestement drogué, et les « Saute pour Jésus » d’un prédicateur catholique qui galvanisait ses fidèles à l’occasion d’un concert qui dura jusqu’à 10 heures du soir.

Embouteillage - La Paz

C’est par l’autoroute que nous descendîmes jusqu’à la Paz, en suivant les conseils d’un local. Le policier en faction ne cilla pas lorsque nous passâmes devant le panneau « interdit aux vélos », et nous fîmes notre entrée sur la place des Héros avant l’heure du déjeuner. Alors que nous manœuvrions nos lourds engins dans les ruelles encombrées de la ville, nous fîmes la connaissance de Margot et Jérôme, couple de Bretons à vélos qui seront nos compagnons de route pour le mois à venir.

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